
La Photobiomodulation (PBM) mérite d’être mieux comprise et intégrée par les chirurgiens-dentistes
La photobiomodulation (PBM) consiste à exposer les tissus à des longueurs d’onde spécifiques de lumière rouge ou proche de l’infrarouge pour stimuler le métabolisme et la régénération cellulaire.
Aujourd’hui, elle est reconnue par la Haute Autorité de Santé (HAS) comme traitement de choix des mucites.
Trois actions principales sont actuellement validées
- antalgie : réduction de la douleur ;
- stimulation de la cicatrisation : accélération de la régénération tissulaire ;
- effet anti-inflammatoire : limitation des réactions inflammatoires mais de nombreuses études récentes mettent également en évidence d’autres effets prometteurs.
Nous définirons ensemble ce qu’est la photobiomodulation, à travers ses différentes formes :
- lumière LED ;
- lumière basse énergie ;
- lumière superpulsée.
Chacune possède ses indications spécifiques, ses protocoles propres et un séquençage adapté.
Enfin, nous verrons comment valoriser et intégrer efficacement la PBM au sein du cabinet dentaire tant sur le plan clinique qu’organisationnel.
Principaux bienfaits et utilisations
- En oncologie : Elle aide à prévenir ou traiter les mucites (inflammations des muqueuses) et les radiodermites (brûlures cutanées) dues aux traitements par chimiothérapie ou radiothérapie.
- Soulagement de la douleur : Elle réduit les douleurs articulaires, musculaires, neuropathiques et chroniques.
- Cicatrisation et inflammation : Elle accélère la guérison des plaies, des brûlures et diminue l’inflammation locale.
- Médecine du sport : Elle favorise la récupération musculaire et le traitement des tendinopathies.
- Esthétique : Elle stimule la production de collagène pour améliorer la fermeté de la peau et atténuer les rides.
Aussi appelée thérapie par lumière rouge, ce soin est particulièrement efficace dans la prévention des mucites.
Comment ça marche ?
Il faut d’abord comprendre que nos cellules contiennent des sortes de centrales qui produisent de l’énergie : les mitochondries. Cette énergie est essentielle au bon fonctionnement de nos cellules.
Or, il peut arriver qu’une inflammation, l’accumulation de toxines ou le stress oxydatif – viennent enrayer ces centrales. La cellule n’est alors plus capable de fonctionner correctement.
Certaines longueurs d’ondes sont capables de “huiler” les rouages de ces machines et permettent ainsi aux cellules de reprendre une activité normale.
Quel est le lien avec le cancer ?
Les traitements du cancer endommagent les tissus, ils sont vécus comme des agressions par nos cellules. Pour s’en protéger, elles mettent leurs mitochondries en veille et réduisent leur production d’énergie. En parallèle, elles déclenchent une réaction inflammatoire : un signal d’alarme qui alerte le système immunitaire et le pousse à éliminer la menace.
L’inflammation n’est pas mauvaise en soi : c’est un mécanisme de défense naturel et bénéfique. Elle devient en revanche néfaste quand elle est mal contrôlée et qu’elle s’installe dans la durée, ce qui arrive souvent au fil des cures de traitement.
L’objectif de la photobiomodulation est alors de rompre ce cercle vicieux : elle redonne de l’énergie aux cellules et calme cet emballement inflammatoire avant qu’il ne détruise les tissus sains.
Quelles sont les indications de la photobiomodulation en oncologie ?
La photobiomodulation est reconnue pour la prévention des mucites ou stomatites (c’est-à-dire l’inflammation des muqueuses de la bouche) : elle fait d’ailleurs partie des recommandations internationales.
Mais ses applications sont potentiellement très nombreuses en cancérologie, notamment en soins oncologiques de support. La photobiomodulation peut prévenir et aider à réduire les inflammations cutanées de type radiodermites, soigner les douleurs liées au cancer (en particulier les neuropathies liées aux chimiothérapies), enrayer la perte de cheveux provoquée par certaines chimiothérapies, faciliter la cicatrisation des plaies et soulager la sécheresse buccale. Des études sont également menées pour son utilisation dans le domaine de l’altération du goût, de la voix ou encore des fonctions cognitives (mémoire, concentration…).
Comment se passe une séance de photobiomodulation ?
Cela dépend de l’indication. Dans le cas des mucites, on placera à l’intérieur de la bouche du patient un dispositif souple qui émettra de la lumière sur l’ensemble de la muqueuse. Pour le traitement de la sécheresse vaginale, on utilisera une sonde endovaginale. Si la zone à traiter est plus large, on aura recours à des panneaux lumineux ou à des sondes.
Une séance de photobiomodulation dure en moyenne 30 minutes.
On peut espérer obtenir des résultats rapidement. L’effet se fait même parfois ressentir immédiatement après la séance. Pour qu’il soit durable, il faut toutefois compter en général 10 à 15 séances, espacées d’une semaine.
Y a-t-il des effets secondaires à la photobiomodulation ?
Comme l’approche de la PBM est non médicamenteuse, elle n’a aucun effet indésirable lorsqu’elle est utilisée par des professionnels de santé formés. Par ailleurs, la lumière utilisée en photobiomodulation – la plupart du temps rouge et infra-rouge -, est émise par des diodes électroluminescentes (Leds ou lasers de basse intensité), qui ne produisent pas de chaleur, il n’y a donc aucun risque de brûlure. Cette technique est non invasive et indolore.






