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Devenir Occluso-Conscient – par Catherine Rossi

Les cours d’occlusodontie pendant nos études à la fac dentaire, ont été pour grand nombre d’entre nous très succincts. A part harmoniser et équilibrer une nouvelle reconstitution avec les dents voisines et antagonistes, certains ne vont pas plus loin dans leur considération de l’occlusion.

Cet article propose d’élargir le regard à l’équilibre global de la bouche, au contact entre les dents antagonistes, et surtout au positionnement mandibulaire en statique et en dynamique avec ses liens posturaux, métaboliques et psychiques.

Onde de choc occlusale

L’équilibre de l’occlusion se visualise entre autres par les points de contact entre les dents des arcades opposées et se manifeste par l’onde de choc qui s’en suit.
L’anatomie de la face occlusale des dents est très particulière, faite de cuspides et de sillons, justement pour venir s’emboiter avec la dent opposée, comme un pilon dans son mortier afin de mastiquer efficacement les aliments. Mais cette anatomie particulière n’a pas pour unique objectif la mastication. En effet, les contacts entre les dents du haut et les dents du bas, doivent se faire en des points bien précis afin que l’onde de choc créée par ce contact prenne une trajectoire spécifique, celle de la racine dentaire, pour aller s’échapper de la dent par l’apex. Cette onde de choc se propage le long de circuits énergétiques (méridiens d’acupuncture) et ensuite, est transmise aux organes. La dent peut donc être considérée comme un organe de propagation d’ondes de choc, peut-être même un accélérateur de particules qui participerait à l’augmentation de notre taux vibratoire. Depuis des années d’observation de mes patients en réhabilitation occlusale, je constate régulièrement au-delà d’une amélioration du confort buccal et postural, une augmentation de l’énergie de vie. En Médecine traditionnelle Chinoise, claquer des dents 100 fois tous les matins au réveil fait partie des rituels de bonne santé. Mais encore faut-il que l’occlusion soit équilibrée !

 

  

Occlusion, croissance et posture

Au niveau postural, la classe 2 entraine la partie haute du corps vers l’avant, la tête est en position basse, favorisant le double menton.  La langue manquant de place dans cet espace buccal trop petit, favorise les ronflements et les apnées du sommeil.

Sur le plan émotionnel, ce sont des personnes qui ont des difficultés à exprimer ce qu’elles pensent mais surtout le passage à l’action et la réalisation des projets est souvent laborieuse car toujours dans un contexte de peurs et de non-dits.

Dans la classe 3, les vrais prognathies dues à une croissance trop importante de la mandibule, souvent sous l’impulsion de la force linguale, semblent rares. En réalité, beaucoup de classe 3 sont dues à une insuffisance de développement du maxillaire et de la partie supérieure de la face. Les causes de cette insuffisance de développement du maxillaire peuvent avoir pour origine une naissance traumatique, mais également être la conséquence de pathologies ORL chroniques de l’enfance. L’enfant devient un respirateur buccal, la langue reste en position basse ce qui provoque une insuffisance de développement du palais.

Dans la classe 3, cette différence de diagnostic de croissance est très importante à prendre en compte lors des traitements orthodontiques. On fait parfois subir aux enfants l’extraction des prémolaires du bas et le recul de la mandibule avec le port d’un casque la nuit, au lieu de stimuler la croissance et l’expansion du maxillaire. Le rôle des ostéopathes et chiropracteurs est fondamental dans l’accompagnement des traitements orthodontiques, je ne le dirai jamais assez.

Au niveau postural, dans la classe 3, la partie supérieure du corps est plutôt située en arrière avec une tête haute, une courbure cervicale très marquée vers l’arrière. Ces personnes respirent souvent par la bouche et dans leur vie l’action prend beaucoup plus de place que l’être, alors que ce sont des êtres hypersensibles. Ce sont des personnes qui ont tendance à peu écouter leurs sentiments, font les choses parce qu’elles doivent les faire plus que parce qu’elles en ont envie.

La dimension verticale

La 2e chose à observer sur le plan de l’occlusion est la dimension verticale. Le recouvrement incisif physiologique se situe aux environs d’un millimètre. 2mm c’est déjà une supraclusion ! Ce recouvrement ou surplomb est en lien avec la position du condyle dans la cavité glénoïde, au niveau de l’articulation temporo mandibulaire.

En cas de béance, on devrait se soucier de l’interposition linguale, d’une déglutition atypique avec une persistance de la déglutition primaire avec la langue basse. La langue appuie sur les incisives à chaque déglutition, c’est-à-dire environ 2800 fois par 24H, ce qui est une situation suffisante pour déplacer les incisives en avant et créer une béance ou une infraclusie molaire par interposition linguale postérieure.

Sur le plan clinique les béances, mais surtout les déglutitions atypiques sont souvent associées à des douleurs cervicales car la langue est attachée à l’os hyoïde, qui lui-même est relié aux cervicales. Symboliquement, on peut noter le lien avec la difficulté à se protéger et à poser des limites, à savoir dire Non.

A l’opposé, nous pouvons retrouver une configuration de supraclusion extrême. Souvent associée aux classes 2, mais pas toujours, elles peuvent être la conséquence d’une croissance insuffisante des molaires. Comme si les dents n’avaient pas poussé dans leur totalité. Peut-être parce que la langue s’est interposée entre les molaires pendant l’enfance. Certaines personnes dorment en mordant sur leur langue, en interposant leur langue entre leurs dents (uni ou bi-latéralement) ou peut être aussi à cause d’un bruxisme ou d’un serrement de dents précoce. L’enfant a les dents serrées toute la journée et toute la nuit ce qui empêche les dents de finir leur croissance correctement.

Cette supraclusion chez l’adulte est associée à une position haute et postérieure du condyle dans la cavité glénoïde au niveau de l’articulation temporo mandibulaire avec un écrasement ou un déplacement du ménisque. C’est là que l’on retrouve les claquements, les crissements, les luxations de mâchoires, mais aussi le point de départ des acouphènes, des névralgies d’Arnold, des migraines et des torticolis.

Le plan médian

Le 3e élément à considérer, c’est la symétrie par rapport au plan médian. On regarde d’abord si les freins des lèvres supérieures et inférieures sont centrés sur ce que l’on appelle le point incisif médian, c’est-à-dire l’espace entre les 2 incisives centrales.

freins des lèvres supérieures et inférieures

 

Ensuite en position bouche fermée, en position d’intercuspidie maximale, on regarde si le frein supérieur est aligné avec le frein inférieur dans ce plan médian. Cet alignement peut ne pas correspondre avec l’alignement dentaire, ce qui arrive parfois après des traitements d’orthodontie. Donc ce sont les freins labiaux qui nous servent de repères. On a donc plusieurs cas de figure.

1°/  les freins labiaux sont alignés, bouche fermée. Ils restent alignés bouche ouverte : c’est parfait.

2°/ Les freins ne sont pas alignés dents serrées : en faisant ouvrir doucement la bouche au patient,

  • si le frein labial inférieur s’aligne lors de l’ouverture et reste aligné en ouverture maximale, cela signifie que la position des dents est à l’origine de la déviation mandibulaire lors de la fermeture : le but final sera de recentrer les freins.
  • Par contre, si les freins restent décalés lors de l’ouverture maximale, cela signifie que la déviation mandibulaire est fixée, les bases osseuses qui sont asymétriques (souvent suite à un choc sur la mâchoire avant la fin de la croissance) ou bien qu’il y ait une luxation fixée de l’ATM du côté de la déviation. Donc, dans un premier temps il ne faudra pas tenter de recentrer les milieux. Un nouveau diagnostic devra être posé après le traitement de la luxation par un ostéopathe et quelques mois de port de gouttière.

Les conséquences locales et générales de cette déviation mandibulaire sont très importantes et il faudra absolument, dans le plan de traitement, intégrer cet équilibre médian. Cela permettra également de recentrer les condyles dans les cavités glénoïdes des articulations temporo mandibulaires et de retrouver une bonne dimension verticale de l’occlusion.

Équilibre occlusal à la fin

Ce n’est que lorsque la dimension verticale et le centrage médian sont rétablis que l’on s’occupe d’ajuster les contacts occlusaux si nécessaire. Et parfois, les meulages sélectifs nous permettront de trouver un équilibre dans un déséquilibre impossible à rétablir plus naturellement.

Avec un peu de pratique, ce bilan occlusal simplifié ne devrait pas demander plus de 5mn.

Dr Catherine ROSSI

 

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