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La respiration : le pilier oublié de nos prises en charge

Une révélation personnelle en 2015

En 2015, lors de ma première formation dédiée à la thérapie oro-myofonctionnelle, j’ai découvert qu’il fallait respirer par le nez et avoir la langue au palais. Moi qui avais respiré par la bouche toute mon enfance — avec apnées du sommeil et caries à répétition — j’ai vécu cela comme une véritable révélation. Depuis, je me consacre exclusivement à aider les gens à mieux respirer.

L’importance des lèvres fermées, de la langue au palais et de la respiration nasale pour le développement craniofacial normal est aujourd’hui de mieux en mieux connue, notamment en orthodontie et en dentisterie. Mais respirer par le nez ne signifie pas encore automatiquement bien respirer.

Bien respirer : une question de biochimie, pas seulement de mécanique

Depuis plusieurs années, j’explore la respiration à l’échelle cellulaire, sous différents angles, et je suis toujours plus impressionnée par tout ce que cette fonction — que nous répétons environ 20 000 fois par jour et que nous ignorons pourtant si souvent — peut faire pour notre corps.

Une respiration fonctionnelle est une respiration où la biochimie et la biomécanique sont alignées : au repos, elle est nasale, silencieuse, diaphragmatique, et permet de réguler en permanence les taux de CO₂ pour rester en eucapnie.

Une respiration dysfonctionnelle, à l’inverse, ne correspond plus à la demande métabolique réelle du corps. Dans mon cabinet, ce sont surtout des patients qui respirent trop que je reçois — c’est-à-dire qui perdent trop de CO₂ (hypocapnie).

Contrairement à une idée reçue, le gaz principal de la régulation respiratoire n’est pas l’O₂ mais le CO₂. Ce n’est pas un déchet : c’est l’un des régulateurs les plus importants de notre organisme. La respiration agit comme le chef d’orchestre du pH corporel, maintenu dans une fourchette très étroite autour de 7,4, entre les poumons (CO₂) et les reins (bicarbonates). Là où les reins mettent des heures voire des jours à réagir, la respiration peut modifier le pH en quelques secondes.

L’hypocapnie résulte d’une respiration excessive par rapport aux besoins réels du corps — un déséquilibre entre la fréquence et l’amplitude respiratoires. Elle entraîne une élévation du pH, ou alcalose respiratoire, qui peut avoir des effets immédiats et durables profonds, capables de déclencher, d’aggraver et/ou de provoquer une grande variété de troubles émotionnels, perceptifs, cognitifs, attentionnels, comportementaux et physiques, avec un impact potentiellement sérieux sur la santé et la performance. Si l’importance fondamentale du CO₂ dans la régulation de la chimie corporelle est une évidence pour tout physiologiste spécialisé en pneumologie ou en équilibre acido-basique, elle reste pourtant largement méconnue de la majorité des professionnels de santé, des formateurs, des spécialistes de la respiration et du grand public.

En pratique, cela se traduit par plusieurs situations que vous connaissez bien : un patient douloureux le sera davantage en hypocapnie — ce sont souvent ces patients au fauteuil, difficiles à calmer et à anesthésier. Mais les effets ne s’arrêtent pas là : hypervigilance et anxiété accrues avant et pendant les soins, réflexe nauséeux exacerbé, bouche sèche liée à la respiration buccale qui favorise caries et inflammation gingivale, bruxisme et tensions au niveau de l’articulation temporo-mandibulaire, et une cicatrisation post-extraction ou post-chirurgicale ralentie du fait d’une moins bonne oxygénation des tissus.

Cet état peut aujourd’hui être objectivé simplement, par capnographie.

Pourquoi commencer par la respiration ?

Au vu de ces éléments, il me semble pertinent de toujours commencer par l’amélioration de la respiration et de la capnie : rééquilibrer l’environnement interne par une fonction que nous exerçons autant de fois par jour. Une fois qu’un patient respire de manière plus efficace, tous les autres traitements, compléments et conseils diététiques n’en sont que plus efficaces.

Functional Airway Academy

Après 11 ans dédiés à ce sujet passionnant, j’ai créé Functional Airway Academy, une plateforme évolutive et dynamique dédiée aux professionnels de santé (kinésithérapeutes, orthophonistes, ostéopathes, dentistes, médecins…), avec :

  • des vidéos pédagogiques et fiches pratiques téléchargeables ;
  • des ateliers bimensuels en direct autour de cas cliniques réels ;
  • des intervenants internationaux chaque mois, avec sous-titres traduits en direct ;
  • une communauté privée d’échange entre pairs, pour construire des réseaux collaboratifs locaux.

Des professionnels de différents pays et de différentes disciplines viennent y partager leur expertise, car nous en savons tous plus ensemble que chacun séparément — différentes professions, différentes perspectives, au service de la santé holistique de nos patients.

Le lancement officiel est prévu le 14 septembre.

Une offre exclusive pour les adhérents d’Odenth

Tout le mois d’août, une offre de lancement était proposée : 300 € de réduction et 6 mois d’accès supplémentaires. Grâce au geste généreux de Gregory, je prolonge volontiers cette offre pour les adhérents d’Odenth jusqu’à fin septembre.

Si vous souhaitez intégrer la respiration dans votre pratique, vous trouverez toutes les informations sur la page dédiée, où vous pourrez également me contacter directement.

Au plaisir d’échanger avec vous.

Katerina Prudhomme Tomsova,
kinésithérapeute spécialisée en thérapie oro-myofonctionnelle et en entraînement respiratoire, et présidente de l’association IIOPE France, dédiée à la prévention dès le plus jeune âge.

 

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