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Prévenir et gérer les douleurs per et post-opératoire

Prévenir et gérer les douleurs per et post-opératoire

Nous allons donc envisager deux situations qui peuvent se présenter au moment où nous avons le patient sur le fauteuil et que nous allons commencer à le soigner, et une situation post-opératoire.

Difficultés à l’anesthésie

Lorsque le patient manifeste encore une sensibilité à la suite de l’anesthésie, bien que le protocole habituel ait été appliqué, il est sain de ne pas prendre le réflexe d’augmenter la quantité d’anesthésique, il vaut mieux se poser la question « pourquoi, cela ne prend pas? ». Notons que le fait d’attendre quelques minutes pour que l’anesthésie prenne n’est pas forcément une bonne chose, car dans ce cas, nous avons l’œil rivé sur la montre et nous sommes en train de surveiller le compte à rebours, et le patient le sent bien!! Tout cela est générateur d’un stress qui n’arrange rien à la situation. Il vaut mieux prendre les choses en main différemment.

Face à cette situation, la recherche de la dent dominante doit se faire systématiquement. Pour cela il est important de disposer d’une radio panoramique très récente ainsi que des tableaux d’Orsatelli, car cela simplifie notre approche. Mais, une fois que l’hypothèse de la relation réflexe est posée, il faut la confirmer par un test pour s’assurer de ne pas faire fausse route. Le test de confirmation sera donc fait soit au pouls, soit à l’aide d’un test de kinésiologie. Une fois le diagnostic confirmé, il suffira:

  • soit de faire un soin adapté sur la dent causale (soin de carie avec un eugénate confectionné avec de l’H.E. de girofle),
  • soit d’injecter quelques gouttes d’anesthésique à l’apex de la dent causale et d’ajouter également quelques gouttes d’anesthésique au niveau du site d’intervention initial. L’anesthésie prend alors en masse et très rapidement.

Cela nous évite souvent d’avoir à injecter des doses atteignant, voire dépassant, une carpule entière pour la totalité de l’opération.

Le bon moment

Souvent, nous sommes amenés à intervenir à un moment où le patient peut être émotionnellement déstabilisé car il vit une période délicate sur le plan personnel – et il ne nous en parle évidemment pas, pour diverses raisons. À nous de voir et d’entendre s’il y a quelque chose d’inhabituel ou d’inattendu dans son comportement ou dans son discours. C’est un des premiers signes d’alerte qui peut nous amener à sursoir éventuellement au programme prévu, même si cela va à l’encontre de notre calendrier…

Au moindre doute (et même avant de faire l’anesthésie), il est important de faire un test (ostéo, pouls, kinésio) pour s’assurer que le programme prévu est bien indiqué pour le rendez-vous du jour. La mise en place de ces tests est intéressante car ce sont des techniques qui permettent d’interroger directement le corps et non le mental du patient. En effet, si nous posons la question : « vous êtes d’accord pour l’extraction de votre dent aujourd’hui? », il vous répondra rarement « non » sachant que le temps qui lui est imparti dans le cabinet est précieux (pour lui comme pour vous), et souvent la bienséance le lui interdit… C’est alors à nous, praticien, de comprendre, tester, et offrir l’opportunité de sursoir à ce qui était programmé. Ce n’est pas du temps perdu, c’est avoir un patient qui se détend et dont la confiance en nous augmente.

En faisant cela nous allons travailler beaucoup plus sereinement et notre patient sera aussi beaucoup plus coopérant et détendu durant les soins ultérieurs. D’ailleurs, si nous respectons un test négatif et que nous lui donnons un autre rendez-vous pour repousser l’acte chirurgical programmé, il nous en remerciera très souvent en nous expliquant qu’en fait, il ne se sentait pas prêt pour x raison, et  nous sommes alors enfin informés de ce qui se passe…

Si nous allons à l’encontre du résultat du test, nous nous exposons, à des difficultés même lors du déroulé de l’acte programmé.

L’extraction

Prenons pour exemple l’extraction qui est finalement l’acte chirurgical le plus courant dans nos cabinets. Si l’on part de l’hypothèse que le test est négatif (donc pas d’autorisation à pratiquer l’extraction), mais que quoiqu’il en soit, nous ne respectons pas cela pour différentes raisons. Dans ce cas, nous pouvons être confrontés à diverses situations :

  • Début de lipothymie à l’injection,
  • Anesthésie qui a du mal à prendre, nous sommes alors tentés d’augmenter la dose d’anesthésique (mais avant cela, n’oubliez pas qu’il faut toujours rechercher la dent dominante qui est maîtresse de la situation…!). Mais dans ce cas précis de test négatif non pris en compte, la recherche de la dent dominante, n’est pas systématiquement salvatrice de la situation,
  • Difficulté technique lors de l’extraction elle-même bien que rien ne le laisse prévoir. Parfois cela peut aller jusqu’à l’impossibilité d’extraire la dent car le patient ne la lâche pas! – cela m’est arrivé, même si cela peut paraître difficile à concevoir,
  • Apparition d’une alvéolite. C’est l’aboutissement de notre ignorance face à la complexité de la situation initiale. Evidemment dans ce cas, nous avons tendance à prescrire des antibiotiques et des antalgiques, et avec un succès thérapeutique plus ou moins variable. C’est alors qu’il faut se souvenir qu’une fois encore, il y a peut-être une dent dominante à traiter, et/ou une prescription homéopathique à donner.

Tous ces petits « accrocs » au déroulé normal du programme prévu finissent par nous agacer profondément, à augmenter notre stress et à affecter notre relation avec notre patient. Il est donc intéressant de prendre en considération les éléments qui précèdent, pour le bien de tous.

La prescription homéopathique

Pour gérer les douleurs post-opératoires, vous pouvez remplacer les antalgiques habituels par une prescription homéopathique telle que :

  • Arnica 5CH
  • Rhus toxicodendron 5CH :
    2 granules de chaque toutes les 10 minutes
  • Hypericum 9 CH : 2 granules toutes les 1/2 heures

La douleur est ressentie comme une forte tension dans la zone chirurgicale et tout disparaît dans les 3 ou 4 heures qui suivent le début des prises (il est bon de commencer les premières prises par 5 granules de chaque dès la fin de l’intervention)

Pour soulager les picotements qui précèdent la fin de l’anesthésie et qui sont souvent désagréables :

  • Apis Mellifica 5 CH : 2 Granules toutes les 10 minutes pendant 1/2 heure suffisent à soulager.

Si l’intervention a été longue, et a nécessité une anesthésie traçante avec des doses conséquentes (comme souvent le cas en paro), le patient peut se sentir un peu flottant, dans ce cas il est intéressant de lui donner directement, avant de quitter le cabinet dentaire :

  • Opium 30 CH : 10 granules ou une dose pour lui permettre d’atténuer rapidement cette sensation désagréable.

En cas d’alvéolite :

Souvenez-vous qu’en cas d’alvéole exsangue lors d’une extraction ou d’une alvéolite installée,

  • Nux Vomica en 4 ou 5 CH peut être très efficace pour la levée du spasme vasculaire qui mène à cette complication.
  • Sur une alvéolite sèche installée, complétez la prescription par un petit badigeonnage de l’alvéole avec de l’H.E. de girofle (uniquement sur les parois osseuses) sur un pellet de coton, soulage très rapidement les douleurs – à renouveler et à compléter avec le traitement homéo adapté.

Les principaux remèdes homéopathiques indiqués dans le traitement de l’alvéolite sont : Mercurius Solubilis, Arsenicum Album et Silicea, à déterminer selon les symptômes et l’étude de la matière médicale et à dilution basse ou moyenne, toujours en fonction de la symptomatologie.

 

Dr. Robert Heckler

Commentaires (2)

  1. Répondre
    Marina says:

    Qu’appelez -vous la dent dominante ? Quand la dent à soigner ne s’endort pas , faut-il en endormir une autre ?

  2. Répondre
    Heckler says:

    Bonjour, la dent dominante est décrite comme « algolène » dans la thèse de J. Orsatelli. C’est une dent qui est indolore dans la quasi-totalité des cas, et son identification nécessite des investigations particulières. C’est une dent qui entretient un arc réflexe avec une autre dent ou une région du corps (ou un organe) où elle maintient une douleur, voire une altération de la fonction organique. La symptomatologie disparaît après avoir soigné cette dent algogène.
    Orsatelli préconise de faire un cryotest sur la dent soupçonnée, mais il existe d’autres moyens d’investigation qu’il m’est impossible de développer ici.
    Lorsqu’une anesthésie ne prend pas et qu’une dent algogène est en jeu, il suffit de mettre quelques gouttes d’anesthésie à l’apex de cette dent (ou de faire le soin approprié et nécessaire) pour que l’anesthésie prenne (comme décrit dans l’article).
    Cordialement

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