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La médecine holistique a-t-elle une légitimité ? (partie 1)

La médecine holistique a-t-elle une légitimité ? Est-elle une vraie médecine ?

La médecine holistique selon André Mergui (1ère partie)

L’approche holistique, terme qui vient du grec « holos » et « therapeia », est l’art de « soigner » l’être humain dans son « entier », dans sa globalité prenant en compte l’interconnexion entre le corps, l’esprit et l’environnement et visant à prévenir les dérèglements du corps pour l’aider autant dans la prévention que dans la guérison. En conséquence, les praticiens de la médecine holistique passent généralement plus de temps avec leurs patients, cherchant à comprendre leurs antécédents médicaux, leur style de vie, et leur alimentation. Cela peut conduire à des recommandations de traitement plus personnalisées.

Ce concept de santé globale est conforme à celui définit par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dans sa Constitution de 1948 : « un état de complet de bien-être physique, mental et social, [qui] ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité ». Ce qui sous-entend que l’OMS reconnaît l’action possible de facteurs environnementaux tels que la qualité de l’air, de l’eau, de la terre, les ondes, les pollutions sonores… l’hygiène de vie, le sommeil, l’équilibre physique, émotionnel, affectif, alimentaire et mental.

Or, bien que conforme à la définition de l’Oms, cette vision du soin n’est pas en harmonie aujourd’hui avec notre rationalisme qui laisse à la médecine allopathique l’apanage du diagnostic et du traitement, plaçant au rang des oubliés la prière, la méditation, le jeun, les ventouses ainsi que tous les remèdes de « bonne femme » et autres médecines douces.

Quelques soient les résultats de la médecine holistique, il lui sera reproché de n’être pas fondée sur des faits ou sur des bases scientifiques telles que celles définies par la médecine traditionnelle ou allopathique. Par ailleurs, le manque de réglementation joue en la défaveur de la médecine holistique qui peut être exercée par des praticiens dont les compétences n’ont pas été vérifiées.

En résumé les thérapies holistiques ne peuvent pas être en odeur de sainteté puisqu’on prétend ne pas connaître le mécanisme de fonctionnement.

Pourtant de plus en plus de patients se dirigent vers ces médecines dites douces, holistiques ou intégratives et curieusement de plus en plus de médecins et de dentistes qui sont témoins des bienfaits de ces médecines holistiques vont se former à ces médecines. La faculté ne délivre aujourd’hui que deux diplômes officiellement reconnus, celui d’Ostéopathie et médecine manuelle ainsi que la Capacité Médicale d’acupuncture.

 

Toutefois, la médecine holistique est en voie d’acquérir ses lettres de noblesse, et cela grâce à deux examens complémentaires : des dosages chimiques et à l’imagerie cérébrale.

Les dosages chimiques

Les dosages chimiques concernent l’action de la médecine holistique sur les neuromédiateurs. Ces dosages peuvent être réalisés soit en dentisterie holistique, soit en acupuncture.

En dentisterie holistique, il est possible aujourd’hui de doser la Substance P ainsi que les cytokines, les neurotransmetteurs, les facteurs de croissance et les métabolites de l’acide arachidonique recueillis dans le liquide créviculaire au collet des dents lors de la moindre traction orthodontique.

« Neuro médiateurs : apport de l’art dentaire dans le traitement de la fatigue chronique et à la fibromyalgie » André Mergui, séance du 11 12 2002 Académie Nationale Dentaire,
Kumar A A, Saravanan K, Kohila K, Kumar S S. Biomarqueurs dans le mouvement dentaire orthodontique. J Pharm Bioall Sci 2015;7, Suppl S2:325-30

Ces neurotransmetteurs dosés dans le sang, la lymphe ou le liquide céphalo-rachidien permettent de comprendre le mécanisme d’action des dents sur le SADAM, la fibromyalgie, les troubles de l’attention, l’endométriose, les acouphènes et même sur la vascularisation cérébrale…

L’Immense pouvoir de santé caché dans nos dents- André Mergui, éditions Pulishroom 2022
La fatigue chronique ou fibromyalgie. – La reconnaître, la combattre, la traiter- André Mergui, éditions Trédaniel 2002

Les concepts neurobiologiques actuels considèrent le cerveau plutôt comme un système principalement liquide ayant une dynamique fluidique où la transmission des influx emprunte des neuromédiateurs tachykinines qui cheminent le long des voies nerveuses ainsi que par le sang, la lymphe, le liquide céphalo-rachidien ou la substance fondamentale (Kandel 1995).

Ce système global de régulation rapide du corps est inséparable du système endocrinien et du système immunitaire.

Le système nerveux ne doit pas être dépeint comme un système de câbles électriques incapable d’implication dans des phénomènes énergétiques les plus subtils, mais comme une jungle tropicale humide baignée d’une multitude de liquides et même de neurotransmetteurs (Schleip 2000).

« Plasticité fasciale – une nouvelle explication neurobiologique : 1e Partie ». . Robert Schleip

Les dosages des neuromédiateurs permettront donc à de nombreuses thérapies, comme la dentisterie holistique, l’ostéopathie ou l’acupuncture d’être reconnues officiellement par la communauté scientifique.

L’acupuncture, agit via ses fines aiguilles sur les terminaisons nerveuses des nerfs sensitifs qui transmettent au cerveau un message de neurotransmetteurs telles les endorphines, la sérotonine et la dopamine. Ces derniers agissent sur le stress, l’anxiété et l’humeur de même que sur les symptômes associés tels : fatigue, insomnie, problèmes digestifs et douleurs musculosquelettiques.

Cheng. K (2013) Neurobiological mechanisms of acupuncture for some common illnesses: a clinician’s perspective. Journal of Acupuncture and Meridian Studies. 2014 Jun;7(3):105-14. doi: 10.1016/j.jams.2013.07.008. Epub 2013 Aug 17.
Li QQ 1, Shi GX , Xu , Wang J,Liu CZ, Wang LP (2013). Acupuncture effect and central autonomic regulation. Evidence Based Complementary Alternative Medecine, doi: 10.1155/2013/267959. Epub 2013 May 26.

L’acupuncture module également les neurotransmetteurs adaptatifs dans les régions cérébrales associées pour atténuer la réponse autonome.

Low, Philip (2021). Overview of the autonomic Nervous System. Mercs Manuals, Professional version. Disponible en ligne: https://www.merckmanuals.com/en-ca/professional/neurologic-disorders/autonomic-nervous-system/overview-of-the-autonomic-nervous-system

L’imagerie cérébrale

L’imagerie cérébrale permet de déterminer de façon précise la zone du cerveau qui réagit lors d’une méditation ou lors d’un stress, lors d’une thérapie manuelle ou lors d’une thérapie psycho corporelle.

Durant ses premières années de vie et surtout les 1000 premiers jours, l’enfant ne pouvant pas s’apaiser seul, a besoin du contact physique pour favoriser la maturation des lobes frontaux et des circuits neuronaux. L’amygdale cérébrale, le système nerveux sympathique, la surrénale qui participent à la sécrétion des molécules de stress se mettent au repos. Le taux de cortisol et d’adrénaline diminue alors.

Le GRAND livre des 1000 premiers jours de vie : Développement – Trauma – Approche thérapeutique Broché – Grand livre, 22 septembre 2021 de Joanna Smith 

En revanche quand on ne câline pas le bébé ou qu’on le laisse face à sa détresse ou sa colère, l’amygdale cérébrale active la sécrétion des molécules du stress, cortisol et adrénaline et le cortisol qui est extrêmement toxique pour le cerveau de l’enfant peut détruire des neurones dans des zones essentielles du cerveau : cortex préfrontal, hippocampe, corps calleux, cervelet et conduire, à terme, à de nombreux troubles du comportement (agressivité), à de l’anxiété, à des difficultés d’apprentissage, à un manque de confiance en lui, et à une difficulté  à avoir de bonnes relations avec les autres.

« Le cerveau de l’enfant »  Catherine Guéguen

L’imagerie cérébrale permettra donc à de nombreuses thérapies, comme les thérapies comportementales d’être reconnues par la communauté scientifique.

Conclusion

Deux examens complémentaires, dosages chimiques et imagerie cérébrale, vont enfin permettre à plusieurs médecines holistiques de prouver leur efficacité et de faire partie de la vraie médecine auprès de laquelle elles auront acquis leurs lettres de noblesse.

Chaque praticien et chaque patient aura alors le choix entre la médecine conventionnelle et une médecine holistique plus dénuée d’effets secondaires.

L’idéal étant d’adapter la bonne médecine à chaque individu.

André MERGUI

Lire la 2ème partie

 

Commentaire (1)

  1. Répondre
    Dachelet says:

    Super article, bien référencé. Dominique, médecine psychosomatique

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